En vert et contre tous 25/09/2010

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Techniquement, il existe autant de derby en France que de discothèques au Vatican. Dans tout pays de foot qui se respecte, un derby c'est l'histoire intime de deux clubs d'une même ville, parfois du même quartier (comme Everton et Liverpool.)  Dans notre beau et tolérant pays, un derby peut opposer deux clubs de deux régions différentes. La bonne blague.  A ce rythme, on peut coller cette étiquette à un PSG-Auxerre ou à un Rennes-Bordeaux (et oui, Nantes-Bordeaux en serait un paraît-il).  Je ne vais pas chercher les explications de cette exception française.  Pour aller vite, le football en France s'est constitué selon la règle suivante : «une ville, un club». Et  l'absence de  «vrai» derby  risque de durer encore un petit moment puisqu'aucune ville ne dispose de deux clubs professionnels aujourd'hui.


Si on arrête de mégoter cinq minutes, Lyon - Saint-Etienne reste ce qui se rapproche le plus d'un derby. L'éternelle opposition entre Sainté  l'ouvrière et Lyon la bourgeoise, Hervé Revelli moulé dans un maillot Manufrance contre les coups-francs de Juninho,  ça marche toujours. Quand je pense à Lyon-Saint-Etienne, je vois tout de suite Jérémie Janot se pointer avec un maillot rayés noirs et rouges après une élimination lyonnaise face au Milan AC, des banderoles pas fines dont on a honte de rire, un public un peu pourri gâté contre un autre qui doit s'abonner au site de l'INA pour voir son équipe soulever un trophée.

 

Entre deux pipes (à fumer) Roger Rocher disait que «Lyon serait toujours la banlieue de Saint-Etienne en football».  Si le palmarès de l'OL depuis dix ans tord le cou à cette prophétie, j'ai comme l'impression que les Verts gardent le monopole du cœur comme le dirait un ancien chef de l'Etat.  L'idée de voir Payet et ses copains enfoncer le voisin un peu plus dans la crise, me plaît bien. Pour avoir vécus et survécus aux années de Ligue 2, à ses dirigeants,  à cette affaire de faux-passeports et à quelques-unes des plus grandes impostures croisées sur les pelouses françaises, les supporters stéphanois méritent bien ce petit plaisir sournois.

Le derby selon Jérémie Janot, gardien, amateur de k-1 et sociologue aussi un peu: