Remplacer Lièvremont? Oui, mais par qui? 15/03/2011

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L'équipe de France de rugby peut-elle s'envoler pour la Nouvelle-Zélande et sa Coupe du monde sans le commandant Marc Lièvremont à bord? A priori, le scénario paraît aussi fumeux que la fin du monde prophétisé par les Mayas pour le 21 décembre 2012. Mais plus souhaitable, c'est mon avis et celui de 99% des amateurs de rugby. Après avoir défendu Lièvremont, j'arrive au constat suivant: l'équipe de France est au 36e sous-sol. Pas d'idée, pas de fond de jeu, aucune ossature qui se dégage, bref on n'a pas avancé d'un centimètre en l'espace de trois ans et demi. Un peu comme Sébastien Chabal contre l'Italie.

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Foot ou rugby, j'ai tranché 23/10/2010

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Naître à Toulouse dans une famille portugaise, c’est être très tôt confronter à cette question existentielle: «Alors plutôt foot ou rugby mon garçon?» Ma mère s’est très vite chargée d’y répondre à ma place. Je n’ai jamais ou presque tâté du ballon ovale, maman préfère encore me voir démineur en Irak qu’à la merci d’une fourchette dans un ruck. Foot ou rugby alors? Dans un bel élan œcuménique, l’Equipe Mag pose la question en une (où Michalak dit la Mich’ fait de l’œil à un Barthez que j’ai connu au Stadium avec des cheveux et Beto Marcico pas très loin). Oui, nous dit l’Equipe Mag, on peut aimer les deux. Tu parles d’un scoop.

Comme on ne peut pas répondre «les deux» à la question «Beatles ou Stones?» il faut aussi se déterminer entre foot et rugby . Malgré des années de souffrance, de Ligue 2 et le mal qu’a fait ce sport à ma vie affective, je suis et je reste un footeux. Je n’y peux rien. Le foot me prend aux tripes alors le rugby tient plus du plaisir esthétique. Quand le TFC obtient une place en Ligues des champions par miracle, j’ai envie d’embrasser mon voisin (désolé Seb). A côté de ça, le dernier titre européen du Stade Toulousain a juste débouché sur une pinte à la sortie du Stade de France. J’ai honte, mais le foot me met dans des états inconvenants, il bouffe mon esprit, il dévore vos vies. Il suffit de lire ou relire «Fever Pitch» de Nick Hornby ou le fantastique «Une saison à Vérone» de Tim Parks pour saisir la puissance émotive du ballon rond.

 

Je me fais souvent la réflexion suivant quand je traîne avec des supporters de rugby avant un match: Ces gens sont heureux, pas anxieux pour un sous et le houblon n’explique pas tout. Et je compare leur bonhomie avec cette foutue boule au ventre que je sentais monter avant le moindre TFC –Metz. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que le rugby reste une passion saine et mesurée quand le foot vire parfois à l’aliénation. Dans «Une Saison à Vérone», le type assis au stade à côté de Tim Park lui avoue qu’il pense à l’Hellas Vérone en permanence. Et penser à l’Hellas Vérone du matin au soir, c’est moche.

Pour rester sur mon exemple toulousain, je pourrais paraphraser Zidane quand il explique que les supporters du Real vont à Bernabeu «comme ils se rendent à l’opéra». A Toulouse, le Stade ne se doit pas de gagner, il doit aussi respecter une certaine idée qu’on se fait du rugby. Ernest-Wallon / Théâtre du Capitole même combat. Au TFC, on ne connaît pas ses exigences de riches. Ne pas faire trop une saison de merde suffit à notre bonheur.

Pour en revenir au rugby, il y a sans doute chez moi une petite part de snobisme à suivre un sport dont 98% de la population française ne comprend pas les règles en détail. Le rugby demande de la persévérance pour celui qui n’est pas tombé dans la marmite quand il était petit. On se sent parfois largué par son jargon et ses règles qui n’en finissent pas de changer. Intellectuellement, c’est plutôt stimulant mais pas suffisant pour rivaliser avec ce sport de beaufs décérébrés qu’est le foot.

PS: Beatles of course

18:34 Publié dans Autres Sports | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, rugby