«Lève la tête André-Pierre» 13/09/2010

article_1309-SPOMAR-OM.jpg

En tant que supporter toulousain (il paraît que ça existe, un blog passé témoigne même de ma déviance), j'ai pratiqué le André-Pierre Gignac pendant trois saisons avec assiduité. Passé le temps de me faire à l'idée de le voir boudiner dans un autre maillot que celui du TFC,  j'ai retrouvé dimanche contre Monaco mon «Dédé»: spontané, généreux et parfois perso sur les bords. De son splendide isolement à la pointe de l'attaque toulousaine (splendide, enfin surtout la deuxième saison) Gignac a gardé cette sa fâcheuse habitude de penser que toute passe est proscrite à moins de 30 mètres des cages adverses. D'accord, il y a cette remise en pivot pour Valbuena qui amène le CSC d'Adriano, mais sinon j'ai encore vu un garçon déterminé et spontané mais qui a tendance à rentrer sur le terrain avec la vision périphérique d'André Bocelli. Parfois, mes tympans résonnent encore des cris de Machado, Sissoko ou Braaten démarqués au second poteau lui réclamant en vain le ballon.


Prendre sa chance, c'est bien, c'est ce qu'on attend d'un attaquant. Mais on ne peut pas non plus dégainer dans toutes les positions. A la sortie de ce match nul (2-2), Gignac a eu la lucidité de reconnaître cet excès d'individualisme: «J'aurais pu faire de meilleurs choix. Je pense qu'il y a quelques situations de frappe où je peux mieux la jouer, où je peux lever la tête, mais bon c'est ça les attaquants, il y a une part d'égoïsme chez nous.» Le problème, c'est ce que l'on le pardonne à Toulouse risque de ne pas passer très longtemps à Marseille. Enfant du pays ou pas. Gignac a intérêt de très vite débloquer le compteur. Et la meilleure façon d'y arriver, c'est peut-être d'y penser un peu moins souvent.

PS: René Girard qui sort «il y a un contrat sur sa tête» de la part des arbitres, ça m'a bien fait rire. Enfin, j'ai préféré en rire.