Et si la France ne faisait pas l’impasse sur l’Euro 2012? 08/09/2010

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Il fallait bien que cela arrive un jour ou l'autre: l'équipe de France a gagné un match. Si, si, les Bleus ont battu la Bosnie 2-0. Vous savez, cette Bosnie qu'on annonçait comme le Brésil des Balkans avec son artilleur de service, Vedad Ibesevic, aussi en vue hier que sur le banc du PSG à l'époque où il y traînait. La France a gagné un match, la nouvelle à de quoi vous décontenancer un Thierry Roland qui trouve que «Michel Platini fait un très bon président de l'Union Européenne». A entendre certains après la défaite face à la Biélorussie vendredi, les Bleus n'avaient déjà pourtant plus qu'à faire une croix sur l'Euro 2012 et à se mettre au portugais en prévision de la Coupe du monde brésilienne en 2014.

Les déclinologues et autres Nicolas Baverez du football hexagonal ont peut-être juste sous-estimé la faiblesse confondante de l'adversité dans ce groupe D. Plus que par la prestation solide des Bleus enfin revenus à un niveau décent, j'ai surtout été frappé - et limite déçu - par la faiblesse de la Bosnie. Si l'équipe de Safet Susic est censée être la principale menace pour la première place de ce groupe, une non-qualification tricolore tiendrait 1) de la faute professionnelle 2) du sabordage. On ne l'a peut-être pas assez souligné, mais la France a eu de la veine au tirage. Malgré sa victoire au Stade de France, la Biélorussie ne risque pas d'aller bien loin et la Roumanie paraît aussi fringante que les amortisseurs d'une Smica 1000 (la preuve avec ses deux matchs nuls contre l'Albanie et la Biélorussie). Définitivement, la France doit se qualifier.

Sagna? Pourquoi Sagna?

Sinon, pour le football champagne rêvé au moment de l'arrivée du «Président», il faudra peut-être repasser. Pour l'instant. A Sarajevo, Blanc a ressorti les cahiers Clairefontaine laissés par Aimé Jacquet en musclant son milieu de terrain. J'ai peut-être une autre conception du football qu'un trident Diarra-Mvila-Diaby mais il faut reconnaître que les Bosniens ou Bosniaques (c'est comme vous voulez) n'ont pas vu le jour dans ce secteur de jeu. Une solution temporaire sans doute, mais je vais vous dire une chose : un sélectionneur qui ne reste pas figé sur un schéma et sait faire avec les forces et les faiblesses de l'opposition, ça vous change la vie.

Par contre, on a le droit de se demander de quel droit Bacary Sagna dispose d'un CDI en sélection. Je sais que je suis un dangereux utopiste, mais parfois je rêve de voir des centres  en équipe de France. Les Bleus ont bien gagné un match. Tout est permis donc.