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La Ligue Europa ce n'est pas pour les chiens 04/11/2010

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Le football français n'aime pas la Ligue Europa et cette dernière lui rend très bien. Appelez-la Ligue Europa ou Coupe UEFA, toujours est-il qu'on cherche encore le nom d'un club français au palmarès. Et on n'est pas prêt de le trouver vu le dédain de nos clubs pour cette compétition. C'est vrai que du haut de ses deux victoires en Coupe d'Europe en 65 ans, le foot tricolore peut se permettre de jouer au blasés (au passage des pays comme la Belgique, le Portugal, l'Ecosse ou l'Ukraine font mieux).

Et chaque année, il faut subir ce discours petit bras de la part de dirigeants et entraîneurs. «Mais on n'a pas l'effectif nécessaire pour jouer sur tous les tableaux.  Et la Ligue Europa c'est le jeudi et le jeudi ce n'est pas pratique pour bien récupérer avant le match du dimanche. Et puis les matchs sont diffusés sur W9 et Direct 8».  Pourtant quand je vois Fulham se hisser en finale la saison dernière, j'ai tendance à me dire qu'un club français pourrait en faire autant. Mais non. Quand une formation française prend la porte en Ligue Europa, c'est tout juste si elle n'organise pas une parade en ville et paye le champagne à ses supporters.


Mais vous comprenez, si Marseille a été champion de France c'est grâce à l'élimination face à Benfica. Et Lille a raté sa qualification en Ligue des champions pour avoir lâché bêtement des forces en essayant d'éliminer Liverpool.  D'ailleurs, les Lillois en sont tellement persuadés qu'ils évitent d'aligner leurs meilleurs joueurs cette saison. Pour l'instant, le PSG paraît plus concerné. Mais jusqu'à quand? Il suffit que les Parisiens se retrouvent à proximité du podium à l'approche du printemps (ou au bord de la relégation, on ne sait jamais avec le PSG) pour que la Ligue Europa soit passée par pertes et profits. Tant pis, il reste toujours la Ligue des champions pour se rattraper. Ah, ah...

PS : Par pudeur j'ai préféré ne pas évoquer les prestations de mon TFC dans cette compétition.

11:11 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, ligue europa

Foot ou rugby, j'ai tranché 23/10/2010

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Naître à Toulouse dans une famille portugaise, c’est être très tôt confronter à cette question existentielle: «Alors plutôt foot ou rugby mon garçon?» Ma mère s’est très vite chargée d’y répondre à ma place. Je n’ai jamais ou presque tâté du ballon ovale, maman préfère encore me voir démineur en Irak qu’à la merci d’une fourchette dans un ruck. Foot ou rugby alors? Dans un bel élan œcuménique, l’Equipe Mag pose la question en une (où Michalak dit la Mich’ fait de l’œil à un Barthez que j’ai connu au Stadium avec des cheveux et Beto Marcico pas très loin). Oui, nous dit l’Equipe Mag, on peut aimer les deux. Tu parles d’un scoop.

Comme on ne peut pas répondre «les deux» à la question «Beatles ou Stones?» il faut aussi se déterminer entre foot et rugby . Malgré des années de souffrance, de Ligue 2 et le mal qu’a fait ce sport à ma vie affective, je suis et je reste un footeux. Je n’y peux rien. Le foot me prend aux tripes alors le rugby tient plus du plaisir esthétique. Quand le TFC obtient une place en Ligues des champions par miracle, j’ai envie d’embrasser mon voisin (désolé Seb). A côté de ça, le dernier titre européen du Stade Toulousain a juste débouché sur une pinte à la sortie du Stade de France. J’ai honte, mais le foot me met dans des états inconvenants, il bouffe mon esprit, il dévore vos vies. Il suffit de lire ou relire «Fever Pitch» de Nick Hornby ou le fantastique «Une saison à Vérone» de Tim Parks pour saisir la puissance émotive du ballon rond.

 

Je me fais souvent la réflexion suivant quand je traîne avec des supporters de rugby avant un match: Ces gens sont heureux, pas anxieux pour un sous et le houblon n’explique pas tout. Et je compare leur bonhomie avec cette foutue boule au ventre que je sentais monter avant le moindre TFC –Metz. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que le rugby reste une passion saine et mesurée quand le foot vire parfois à l’aliénation. Dans «Une Saison à Vérone», le type assis au stade à côté de Tim Park lui avoue qu’il pense à l’Hellas Vérone en permanence. Et penser à l’Hellas Vérone du matin au soir, c’est moche.

Pour rester sur mon exemple toulousain, je pourrais paraphraser Zidane quand il explique que les supporters du Real vont à Bernabeu «comme ils se rendent à l’opéra». A Toulouse, le Stade ne se doit pas de gagner, il doit aussi respecter une certaine idée qu’on se fait du rugby. Ernest-Wallon / Théâtre du Capitole même combat. Au TFC, on ne connaît pas ses exigences de riches. Ne pas faire trop une saison de merde suffit à notre bonheur.

Pour en revenir au rugby, il y a sans doute chez moi une petite part de snobisme à suivre un sport dont 98% de la population française ne comprend pas les règles en détail. Le rugby demande de la persévérance pour celui qui n’est pas tombé dans la marmite quand il était petit. On se sent parfois largué par son jargon et ses règles qui n’en finissent pas de changer. Intellectuellement, c’est plutôt stimulant mais pas suffisant pour rivaliser avec ce sport de beaufs décérébrés qu’est le foot.

PS: Beatles of course

18:34 Publié dans Autres Sports | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, rugby

En vert et contre tous 25/09/2010

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Techniquement, il existe autant de derby en France que de discothèques au Vatican. Dans tout pays de foot qui se respecte, un derby c'est l'histoire intime de deux clubs d'une même ville, parfois du même quartier (comme Everton et Liverpool.)  Dans notre beau et tolérant pays, un derby peut opposer deux clubs de deux régions différentes. La bonne blague.  A ce rythme, on peut coller cette étiquette à un PSG-Auxerre ou à un Rennes-Bordeaux (et oui, Nantes-Bordeaux en serait un paraît-il).  Je ne vais pas chercher les explications de cette exception française.  Pour aller vite, le football en France s'est constitué selon la règle suivante : «une ville, un club». Et  l'absence de  «vrai» derby  risque de durer encore un petit moment puisqu'aucune ville ne dispose de deux clubs professionnels aujourd'hui.


Si on arrête de mégoter cinq minutes, Lyon - Saint-Etienne reste ce qui se rapproche le plus d'un derby. L'éternelle opposition entre Sainté  l'ouvrière et Lyon la bourgeoise, Hervé Revelli moulé dans un maillot Manufrance contre les coups-francs de Juninho,  ça marche toujours. Quand je pense à Lyon-Saint-Etienne, je vois tout de suite Jérémie Janot se pointer avec un maillot rayés noirs et rouges après une élimination lyonnaise face au Milan AC, des banderoles pas fines dont on a honte de rire, un public un peu pourri gâté contre un autre qui doit s'abonner au site de l'INA pour voir son équipe soulever un trophée.

 

Entre deux pipes (à fumer) Roger Rocher disait que «Lyon serait toujours la banlieue de Saint-Etienne en football».  Si le palmarès de l'OL depuis dix ans tord le cou à cette prophétie, j'ai comme l'impression que les Verts gardent le monopole du cœur comme le dirait un ancien chef de l'Etat.  L'idée de voir Payet et ses copains enfoncer le voisin un peu plus dans la crise, me plaît bien. Pour avoir vécus et survécus aux années de Ligue 2, à ses dirigeants,  à cette affaire de faux-passeports et à quelques-unes des plus grandes impostures croisées sur les pelouses françaises, les supporters stéphanois méritent bien ce petit plaisir sournois.

Le derby selon Jérémie Janot, gardien, amateur de k-1 et sociologue aussi un peu:

 

 
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