Non, les footballeurs ne sont pas tous des petits cons 22/12/2010

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Pas très loin de trader, footballeur est sans doute la catégorie professionnelle la plus détestée en France. Et encore, Jérôme Kerviel jouit presque d'une image de bon fils de famille comparé à Evra le rebelle sans cause et Ribéry le caid des bus arrêtés. Privilégié, vénal, inculte... le footeux aurait toutes les tares. Il l'a cherché peut-être depuis un safari raté en Afrique du Sud. Sauf que l'idée de mettre tous les joueurs professionnels dans un sac et de taper dessus sans distinction pue un peu la démagogie.

A côté de leur désormais légendaire Ballon de Plomb (où Stéphane Sessegnon est honteusement oublié), les Cahiers du Foot ont eu la réjouissante idée de créer le Ballon d'Eau fraîche. Ce nouveau trophée «doit récompenser un joueur de club, celui sans qui le football cesserait définitivement d'être un sport pour n'être plus qu'une activité de divertissement lucrative». Ils s'appellent donc Cédric Hengbart, Nicolas Seube, Arnaud Le Lan ou David Ducourtioux et pourraient être votre voisin, votre beau-frère ou le type avec qui vous partagez un Picon-bière aux Vieilles Charrues.

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Qatarstrophique 07/12/2010

 

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Alors voilà, le Qatar s'est payé une Coupe du monde comme le Sultan de Brunei s'offre Sharon Stone pour dîner aux chandelles.  «Le Qatar 2022 c'est bieng», dirait une légende du sport français moins convaincante  lorsqu'elle doit assurer la promo de Paris 2008.  Inclinons-nous donc devant l'autel du réalisme, résignons-nous à donner le Mondial à un pays grand comme l'Ariège où le championnat local draine autant de clampins que le PFC à Charléty.


Quand j'ai appris la nouvelle jeudi dernier en salle de presse à Belgrade, je me suis dit: «En 2022, tu auras 40 ans. Ca ne serait pas l'âge et l'occasion d'arrêter le journalisme sportif ?» Je sais bien que le FIFA va toujours là où le dollar est le plus vert, que les dossiers techniques comptent autant pour la désignation du pays hôte que l'épreuve de lettres pour le BAC S. Pourtant, ce futur ne passe pas. J'ai déjà un rhume carabiné rient qu'à l'idée d'une Coupe du Monde climatisée (le protocole de Kyoto ???).


En matière de sport,   je suis conservateur et je l'assume. Je préfère toujours les pavées disjoints de Paris-Roubaix aux lignes droites venteuses du Tour d'Oman, je préfère le charme de vieille baronne de Wimbledon à la finale de Doha disputée devant 25 personnes (ramasseurs de balles compris) ou encore le raidillon de l'Eau Rouge à Spa au tourniquet qu'est le Grand Prix de Bahreïn.


Avec de l'argent, on achète tout en sport. Certains pays du Golfe Persique l'ont bien compris.  Vous n'avez pas de champions? Pas grave, contre quelques milliers de pétrodollars un demi-fondeur kenyan est à vous. Le Qatar a dix ans devant lui pour naturaliser à tour de bras des recalés des sélections nationales européennes ou sud-américaines. Dix ans pour construire des stades démontables. Dix ans pour nous convertir à la realpolitik du sport du XXe siècle. Et moi, j'ai dix ans pour changer de métier. Dude, we should buy a bar!

 


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La France, ce pays où les milieux ne marquent pas 16/11/2010

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La dernière fois qu'un milieu défensif (ou relayeur) a marqué en équipe de France, Jacques Chirac donnait encore à manger aux canards de l'Elysée, Lady Gaga était brune et les banques américaines accordaient des crédits à n'importe qui et n'importe comment. Bref depuis ce but de Patrick Vieira contre l'Espagne lors de la Coupe du monde 2006, le monde a changé, les Bleus sont devenus les premiers grévistes de l'histoire du mondial, mais il y une chose qui ne change pas: la France reste le pays où les milieux de terrain restent désespérément muets.

Les spécialistes de ce mal parlent de «syndrome Claude Makekele». Makelele (le type qui a réussi fait croire à tout le monde qu'il était des titres de 98 et 2000) ou zéro but en 71 sélections a fait des petits à la frappe de moineau. Soit des garçons aussi portés sur l'attaque qu'un Amish sur le whisky. De Jérémy Toulalan à Lassana Diarra en passant par Yann M'Vila, le milieu défensif chez les Bleus reste cantonné à la salle des machines. Je récupère, je donne et si possible pas à plus de cinq mètres, il ne faudrait pas que je me fasse engueuler. Et quand ces malheureux s'essayent à une frappe hors de la surface, c'est Franck Sauzée qu'on assassine. Il faudra un jour qu'on m'explique pourquoi le moule s'est cassé derrière lui.

Posséder une grosse frappe de balle serait-il devenu  un critère discriminant pour intégrer l'équipe de France ? Je me pose la question quand je vois que M'Vila (pas un but en pro) compte déjà quatre sélections alors que Yoann Cabaye va peut-être enfin connaître sa première sortie en bleu mercredi contre l'Angleterre. Hérésie au pays de Claude Makelele,  le Lillois sait frapper, plutôt fort,  il a même le bon goût de cadrer et parfois de marquer (27 fois depuis ses débuts en Ligue 1).  Un peu à la manière d'un Lampard ou d'un Meireles pour le Portugal, Cabaye est attiré par la surface adverse et ne se contente pas de tournicoter devant sa défense. Ses saisons ne sont peut-être pas toujours des modèles de régularité, mais il mérite d'être essayé avec les Bleus. L'été dernier, les Allemand ont bien fait rimer récupération et création avec  Khedira et Schweinsteiger. Et si un autre milieu de terrain était possible en France?

21:55 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (12)