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Imiter le Portugal? Peut-être pas. 15/04/2011 0

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En octobre 2008, L’Equipe invitait en une les clubs français à imiter Famagouste. A l’époque, on a bien ri surtout que l’équipe chypriote en question a fini 4e de sa poule de Ligue des champions. Ce vendredi, personne n’a osé titrer «La Ligue 1 doit imiter le Portugal» et ses trois clubs qualifiés pour le dernier carré de la Ligue Europa (Porto, Benfica et Braga). Et ce n’est surtout pas moi qui risque de dire que le championnat portugais doit servir d’exemple à notre chère L1. Mon chauvinisme pro-lusitanien a des limites.

Derrière cette réussite exceptionnelle, il y a une réalité et elle est beaucoup moins réjouissante. Le football de club portugais n’a jamais été aussi inégalitaire et endetté. Il n’existe pas une semaine où je ne vois pas passer une brève pour signaler des retards dans les salaires ou des joueurs en grève. Pas plus tard que cette semaine, les joueurs de Leiria menaçaient de débrayer s’ils ne recevaient pas leur primes de droit à l’image espérées depuis 7 mois.  Setubal, Estrella Amadora et d’autres sont passés par là et survivent depuis avec les moyens du bord. Et je ne parle même de l’affluence dans les stades. En Superliga, l’AS Monaco serait presque dans la moyenne. A Leiria toujours, ils sont souvent 1 .500 à 2.000 courageux à se tenir chaud dans un stade pouvant contenir 30.000 spectateurs.

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que Porto puisse être sacré champion début avril sans la moindre défaite. Le championnat portugais n’est plus à deux vitesses avec «les trois grands» et les autres, il est à trois vitesses. D’un côté Porto et Benfica, juste derrière mon pauvre Sporting en crise perpétuel et Braga, seul club «provincial» vraiment structuré.  Benfica et Porto n’hésitent pas alors  à mettre leurs titulaires au repos le week-end pour les préserver pour le jeudi et la Ligue Europa. Que peuvent-ils  craindre de Naval, Portimonense ou Beira-Mar.  Ou quand un championnat faible et inégalitaire devient une force.

Après, il faut encore gagner les matchs, respecter la compétition et avoir du nez dans le recrutement.  Avec six victoires en Coupe d’Europe dans son histoire, le Portugal et ses dix millions d’habitant doivent visiblement mieux s’y prendre que la France et ses  deux petits trophées européens en 65 ans.

18:00 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0)

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