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Il est sympa Lièvremont mais... 04/02/2011 0

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Deux jours après son annonce, le XV de départ donné par Marc Lièvremont pour affronter l'Ecosse en ouverture du Tournoi 20011 me laisse toujours aussi perplexe. Ses explications encore plus. Et pourtant j'ai longtemps défendu Lièvremont, sans doute parce qu'il avait le mérite de passer après Bernard Laporte, époque sélectionneur VRP et UMP. Je ne dois pas être le seul dans ce cas, mais là n'est pas le débat. Plus de trois ans après sa prise de fonction, mon avis rejoint celui de pas mal de mes confrères. Marc Lièvremont est un bon mec, mais peut-être pas le sélectionneur qu'il faut au rugby français. Et tant pis pour le syndrome Jacquet et la capacité du XV de France à faire mentir toute logique.


Depuis six mois, les branlées historiques défilent (Argentine, Afrique du Sud l'été dernier, l'Australie en novembre) et Lièvremont encaisse sans jamais rendre les coups. Ah si, il est devenu le seul maître à bord du rafiot France. A part l'absence de ses adjoints Didier Retière et Emile Ntamack lors des conférences de presse lors des conférences de presse, la différence n'est pas frappante. Le discours ne bouge pas non plus beaucoup. «Je n'ai pas vraiment les moyens pour l'instant d'avoir des certitudes», avouait-il  mardi aussi désarmante que désespérante. La faute au Top 14 comme d'habitude?

A la veille d'un Tourné censé servir de préparation à la prochaine Coupe du monde, quelles sont nos certitudes sur cette équipe de France? On a une bonne mêlée. Oui, on a une bonne mêlée, mais on a bien vu face à l'Australie qu'on ne pouvait pas mettre 50 points sur des mêlées enfoncées. Le reste? Brouillard total. Le projet reste indéfini, indéfinissable même.

Traille arrière et le bricolage

Et le choix des joueurs s'en ressent. En novembre dernier, Damien Traille était présenté comme le meilleur numéro que le rugby français avait enfanté, face à l'Ecosse il débutera arrière.  Un poste où il est considéré comme le numéro 3 à Biarritz.  Mais  «Damien peut jouer arrière». Ok. William Servat peut aussi dépanner en numéro 8 et Vincent Clerc a déjà fait des piges comme demi de mêlée si on va par là. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de ce sentiment d'improvisation et de bricolage permanent. Au hasard,  on peut aussi se demander si c'est bien le moment de lancer un Yoann Huget après trois bons mois avec Bayonne. Et pourquoi sacrifier Jauzion maintenant? Pourquoi bouder Malzieu et Picamoles et ostraciser Fritz? Pourquoi aligner une troisième-ligne sans joueur d'impacts?

Alors oui, tant bien que mal  la France battra une Ecosse pas assez charpentée devant. Marc Lièvremont a bâti une équipe pour jouer l'Ecosse, mis en place un jeu pour battre l'Ecosse. Le problème, c'est qu'il faut épingler d'autres équipes que l'Ecosse pour gagner une Coupe du monde. Mais songeons-nous encore à la gagner la prochaine Coupe du monde?

02:04 Publié dans Rugby | Lien permanent | Commentaires (0)

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