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Non, les footballeurs ne sont pas tous des petits cons 22/12/2010 4

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Pas très loin de trader, footballeur est sans doute la catégorie professionnelle la plus détestée en France. Et encore, Jérôme Kerviel jouit presque d'une image de bon fils de famille comparé à Evra le rebelle sans cause et Ribéry le caid des bus arrêtés. Privilégié, vénal, inculte... le footeux aurait toutes les tares. Il l'a cherché peut-être depuis un safari raté en Afrique du Sud. Sauf que l'idée de mettre tous les joueurs professionnels dans un sac et de taper dessus sans distinction pue un peu la démagogie.

A côté de leur désormais légendaire Ballon de Plomb (où Stéphane Sessegnon est honteusement oublié), les Cahiers du Foot ont eu la réjouissante idée de créer le Ballon d'Eau fraîche. Ce nouveau trophée «doit récompenser un joueur de club, celui sans qui le football cesserait définitivement d'être un sport pour n'être plus qu'une activité de divertissement lucrative». Ils s'appellent donc Cédric Hengbart, Nicolas Seube, Arnaud Le Lan ou David Ducourtioux et pourraient être votre voisin, votre beau-frère ou le type avec qui vous partagez un Picon-bière aux Vieilles Charrues.

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Splendeurs et misère du sport en 2010 18/12/2010 3

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Mon top 10 des événements sport de l'année avec un peu d'avance pour une fois. De l’émotion, une grande équipe de France (non une autre), du lol, du n’importe quoi, un chapeau et même un 70-68 au 5e set.

«Encore eux»

2010 avait pourtant bien commencé pour le sport. J’ai la chance d’être à Vienne pour suivre la finale du championnat d’Europe entre la bande à Karabatic et la Croatie de Balic. La France réalisé le triplé Jo-Mondial-Euro, les journalistes étrangers nous craignent («encore eux» disent-ils pour évoquer cette équipe qui ne veut rien partager). Fair-play, mon voisin croate me serre la main à la fin. Sympa, mais je n’y suis pas pour grand-chose.

 

L’ami Chappuis

La dernière ligne droite de l’année. Deuxième jour des JO de Vancouver, Jason claque la médaille d’or du combiné nordique. Patrick Montel est en mode «Marie-JO 92», toute la rédac de 20minutes vibre devant la télé (alors que j’étais tous seul pour l’épreuve du saut, vive les ralliés de la dernière heure), et moi qui propose de descendre sur les Champs-Elysées pour fêter ça avant de me raviser... C’était un dimanche.

Une course à revoir ici (mais sans les commentaires de Patrick, désolé).

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Qatarstrophique 07/12/2010 20

 

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Alors voilà, le Qatar s'est payé une Coupe du monde comme le Sultan de Brunei s'offre Sharon Stone pour dîner aux chandelles.  «Le Qatar 2022 c'est bieng», dirait une légende du sport français moins convaincante  lorsqu'elle doit assurer la promo de Paris 2008.  Inclinons-nous donc devant l'autel du réalisme, résignons-nous à donner le Mondial à un pays grand comme l'Ariège où le championnat local draine autant de clampins que le PFC à Charléty.


Quand j'ai appris la nouvelle jeudi dernier en salle de presse à Belgrade, je me suis dit: «En 2022, tu auras 40 ans. Ca ne serait pas l'âge et l'occasion d'arrêter le journalisme sportif ?» Je sais bien que le FIFA va toujours là où le dollar est le plus vert, que les dossiers techniques comptent autant pour la désignation du pays hôte que l'épreuve de lettres pour le BAC S. Pourtant, ce futur ne passe pas. J'ai déjà un rhume carabiné rient qu'à l'idée d'une Coupe du Monde climatisée (le protocole de Kyoto ???).


En matière de sport,   je suis conservateur et je l'assume. Je préfère toujours les pavées disjoints de Paris-Roubaix aux lignes droites venteuses du Tour d'Oman, je préfère le charme de vieille baronne de Wimbledon à la finale de Doha disputée devant 25 personnes (ramasseurs de balles compris) ou encore le raidillon de l'Eau Rouge à Spa au tourniquet qu'est le Grand Prix de Bahreïn.


Avec de l'argent, on achète tout en sport. Certains pays du Golfe Persique l'ont bien compris.  Vous n'avez pas de champions? Pas grave, contre quelques milliers de pétrodollars un demi-fondeur kenyan est à vous. Le Qatar a dix ans devant lui pour naturaliser à tour de bras des recalés des sélections nationales européennes ou sud-américaines. Dix ans pour construire des stades démontables. Dix ans pour nous convertir à la realpolitik du sport du XXe siècle. Et moi, j'ai dix ans pour changer de métier. Dude, we should buy a bar!

 


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