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Foot ou rugby, j'ai tranché 23/10/2010 2

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Naître à Toulouse dans une famille portugaise, c’est être très tôt confronter à cette question existentielle: «Alors plutôt foot ou rugby mon garçon?» Ma mère s’est très vite chargée d’y répondre à ma place. Je n’ai jamais ou presque tâté du ballon ovale, maman préfère encore me voir démineur en Irak qu’à la merci d’une fourchette dans un ruck. Foot ou rugby alors? Dans un bel élan œcuménique, l’Equipe Mag pose la question en une (où Michalak dit la Mich’ fait de l’œil à un Barthez que j’ai connu au Stadium avec des cheveux et Beto Marcico pas très loin). Oui, nous dit l’Equipe Mag, on peut aimer les deux. Tu parles d’un scoop.

Comme on ne peut pas répondre «les deux» à la question «Beatles ou Stones?» il faut aussi se déterminer entre foot et rugby . Malgré des années de souffrance, de Ligue 2 et le mal qu’a fait ce sport à ma vie affective, je suis et je reste un footeux. Je n’y peux rien. Le foot me prend aux tripes alors le rugby tient plus du plaisir esthétique. Quand le TFC obtient une place en Ligues des champions par miracle, j’ai envie d’embrasser mon voisin (désolé Seb). A côté de ça, le dernier titre européen du Stade Toulousain a juste débouché sur une pinte à la sortie du Stade de France. J’ai honte, mais le foot me met dans des états inconvenants, il bouffe mon esprit, il dévore vos vies. Il suffit de lire ou relire «Fever Pitch» de Nick Hornby ou le fantastique «Une saison à Vérone» de Tim Parks pour saisir la puissance émotive du ballon rond.

 

Je me fais souvent la réflexion suivant quand je traîne avec des supporters de rugby avant un match: Ces gens sont heureux, pas anxieux pour un sous et le houblon n’explique pas tout. Et je compare leur bonhomie avec cette foutue boule au ventre que je sentais monter avant le moindre TFC –Metz. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que le rugby reste une passion saine et mesurée quand le foot vire parfois à l’aliénation. Dans «Une Saison à Vérone», le type assis au stade à côté de Tim Park lui avoue qu’il pense à l’Hellas Vérone en permanence. Et penser à l’Hellas Vérone du matin au soir, c’est moche.

Pour rester sur mon exemple toulousain, je pourrais paraphraser Zidane quand il explique que les supporters du Real vont à Bernabeu «comme ils se rendent à l’opéra». A Toulouse, le Stade ne se doit pas de gagner, il doit aussi respecter une certaine idée qu’on se fait du rugby. Ernest-Wallon / Théâtre du Capitole même combat. Au TFC, on ne connaît pas ses exigences de riches. Ne pas faire trop une saison de merde suffit à notre bonheur.

Pour en revenir au rugby, il y a sans doute chez moi une petite part de snobisme à suivre un sport dont 98% de la population française ne comprend pas les règles en détail. Le rugby demande de la persévérance pour celui qui n’est pas tombé dans la marmite quand il était petit. On se sent parfois largué par son jargon et ses règles qui n’en finissent pas de changer. Intellectuellement, c’est plutôt stimulant mais pas suffisant pour rivaliser avec ce sport de beaufs décérébrés qu’est le foot.

PS: Beatles of course

18:34 Publié dans Autres Sports | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, rugby

Zidane: entraîner ou ne pas entraîner? 19/10/2010 7

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A 38 ans, Zizou a décidé de sortir du placard. Quand je dis placard, je parle de son rôle de «conseiller» de Florentino Perez, président du Real Madrid. Placard doré, mais placard quand-même, Zidane Zidane aspire à tâter du terrain et à quitter ce poste de ministre sans affectation.  D'abord à côté de José Mourinho et puis pourquoi pas à son compte dans un avenir plus ou moins proche. Le week-end dernier,  il a juste lâché qu'il n'excluait plus la possibilité d'endosser le costard d'entraîneur (on le voit mal en survêtement) et depuis tout le monde du foot s'interroge: le meilleur joueur français de ces deux dernières décennies a-t-il vraiment la vocation pour le job?

Et pour l'instant, le non serait plutôt majoritaire. Dans le Libération de lundi Grégory Schneider résume bien la situation en une phrase.  «Si Zidane se voit près du terrain, personne ne le voit entraîneur: une centaine de conférences de presse par an, une cinquantaine de causeries... Très peu pour lui.» Il faut bien comprendre une chose, entraîneur ce n'est pas un métier... c'est bien pire encore.  Je caricature un peu. Si un footballeur pense football deux heures par jours (le temps d'un  entrainement et encore), son coach mange, vit, lit, pense, respire et rêve foot. Dans un cas extrême, cela donne notre ami Jean Fernandez qui n'a pas dû aller au cinéma avec sa femme depuis «Le Grand Bleu».

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Marvin Martin et l'homophobie ordinaire dans le foot 15/10/2010 4

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Tout part d'un questionnaire plus insignifiant que «décalé» dont les sites des clubs ont le secret.  A la question, «Quel est club dans lequel tu n'accepteras jamais de jouer ?» le sochalien Marvin Martin répond : «le Paris Football Gay». Très vite, la machine à buzz s'active, des occurrences apparaissent quand on tape le nom du garçon sur google actu et le Paris Foot Gay dégaine un communiqué demandant au «FC Sochaux d'exprimer sa position par rapport à l'interview publiée et de signer la Charte de l'homophobie soutenue par la Ligue de football professionnel et le Ministère des Sports.

Marvin Martin est-il homophobe ? Je ne sais pas. Sa réponse est-elle homophobe? Peut-être.  Mais faut-il lui faire un procès en homophobie pour autant ? Je ne pense pas. Dans la semaine, la question s'est posée avec mes collègues du service des sports de 20minutes s'il fallait oui ou non traiter cette info? Assez rapidement, nous avons décidé de passer notre tour. Notre conclusion était que le cas Martin n'était qu'un exemple parmi d'autre parmi d'autres malheureusement de l'homophobie ordinaire dans le sport et dans le foot plus particulièrement (un florilège assez consternant est disponible en cliquant ici)

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Malouda, c'est quoi le problème? 12/10/2010 11

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La critique de Florent Malouda est un genre balisé, très balisé. Impossible de remettre en cause le Guyanais sans marcher sur les plates-bandes de Pierre Ménès sur le plateau de «100% foot» lors de l'Euro 2008. Sans aller jusqu'à ressortir son désormais historique « Malouda, il est nul», balancé entre deux considérations géopolitiques sur la Roumanie par Dominique Grimault,  on peut quand-même s'interroger sur ses performances en équipe de France. D'ailleurs, il a suffi un match raté contré la Roumanie samedi dernier pour remettre en cause le statut d'intouchable gagné, on ne sait trop comment, par le milieu de Chelsea. Pour justifier cette contre-performance, Laurent Blanc et certains observateurs ont pointé la tendance de Benzema à trop se décaler sur le côté gauche et envahir l'espace vital de Malouda. Ok, et la faillite de Lehman Brothers et l'album de Zaz, c'est aussi Benzema?

Non, il ne faut pas tourner autour du pot, on a donné à Malouda beaucoup de crédit et à un taux défiant toute concurrence chez les Bleus. Faudrait peut-être penser à rembourser maintenant? Soixante sélections, cinq buts, quelques bons matchs (rarement les plus importants) et puis pas grand-chose,  Malouda est toujours débiteur. Paradoxalement, sa mise au frigo décidé par Raymond Domenech après l'Euro a beaucoup servi sa cause. Normal, Domenech ne peut que se tromper. Malouda payait peut-être ses critiques sur ce sélectionneur qui l'obligeait à défendre comme un latéral gauche. Domenech, lui, avait signifié à ce moment qu'il pouvait exister un football français sans Florent Malouda.

Oui, Florent Malouda sort d'une grosse saison à Chelsea, oui il a été élu joueur de l'année par ses coéquipiers. Mais que voit-on en équipe de France?  Un joueur avec une fichue tendance à revenir dans l'axe, un ailier qui ne centre pas ou  mal (d'accord, le centre c'est pêché en France comme la frappe de loin), un type qui a oublié de tirer le frein à main. Malouda peut toujours plaider qu'il ne bénéficie pas de la même latitude offensive qu'en club, mais libre à lui de prendre ses responsabilités. Parce qu'empiler les pions contre Wigan, Stoke ou Blackpool n'a jamais donné le droit à un CDI en sélection. Enfin, je crois.

09:30 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (11)

Pourquoi j'aime un peu mais pas passionnément la H CUP? 08/10/2010 3

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On l'oublie un peu vite, mais la Coupe d'Europe de rugby n'est encore qu'une adolescente. Avec ses quinze ans au compteur, elle a du charme, affiche ses courbes naissantes à la télé, mais il lui manque un je-ne-sais-pas-quoi indéfinissable. Sportivement, pas de doute, la réussite saute aux yeux. La H Cup (le H se boit frais et est produit aux Pays-Bas, mais chut Claude Evin me lit) propose des matchs d'une toute autre qualité que le Top 14. Dans sa chronique toujours instructive pour l'Equipe: Fabien Galthié observe que la H Cup est un laboratoire du jeu où «l'attaque prend régulièrement le pas sur la défense», car la recherche du bonus offensif devient une priorité dans un mini-championnat où seul les premiers de poules et les deux meilleurs deuxièmes passent en ¼ de finale.

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17:23 Publié dans Rugby | Lien permanent | Commentaires (3)

Mes dix plaisirs coupables de sport 02/10/2010 0

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L’autre jour sur Slate.fr, je lisais un article très intéressant – rédigé par un ami j’avoue – sur notre fascination parfois suspecte pour la frange musicale la plus mainstream des années 80. En marge de cette brillante analyse, était proposée une sélection de dix plaisirs coupables des eighties. Alors je me suis dit: «Et si le concept était exportable au sport?» Voici le résultat de mes divagations, avec du Alexandre Vinokouvov à la place de Duran Duran.

«Vino»

Vino c’est la classe, Vino c’est le talent. D’accord, Vino c’est aussi un peu les transfusions sanguines avant d’exploser le chrono dans un contre-la-montre du Tour. Mais vous en connaissez d’autres des coureurs capables de claquer encore l’étape des Champs en solo?

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