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Auxerre / Real Madrid le test comparatif 28/09/2010 2

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Oubliez Chelsea - Marseille, The match du soir c'est bien Auxerre - Real Madrid. Je ne sais pas vous, mais moi je sens qu'il y a de l'exploit dans l'air frais de l'Yonne. Alors oui, tout oppose l'AJA (où on vise le maintien de père en fils depuis 1980) et le Real avec ses neuf Ligues des champions. Pourtant, Auxerre n'a rien d'un premier communiant en Coupe d'Europe venu réciter ses dix «Notre Père». Ce club a quand-même déjà fait tomber l'AC Milan, Liverpool ou encore l'Ajax à l'Abbé-Deschamps. Alors un peu de respect.

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11:30 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (2)

TFC, dix ans et des poussières 26/09/2010 5


Il y a dix ans le TFC a failli crever. Plus personne ne voulait du canard boiteux du foot français, relégué en D2 avec son maillot Ola, son armée mexicaine de ringards venus toucher leur chèque, la clique des Rubio et Labattut avait mené le club au bord du dépôt de bilan.  Je me souviens avoir dit à mon oncle un jour lors d'un trajet en voiture : «Tu te rends compte, je ne verrais peut-être plus le TFC en 1e division d'ici mes 40 ans». J'avais 18 ans et je ne laissais dire à personne qu'il s'agissait du plus bel âge pour aimer ce club.

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22:05 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (5)

En vert et contre tous 25/09/2010 1

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Techniquement, il existe autant de derby en France que de discothèques au Vatican. Dans tout pays de foot qui se respecte, un derby c'est l'histoire intime de deux clubs d'une même ville, parfois du même quartier (comme Everton et Liverpool.)  Dans notre beau et tolérant pays, un derby peut opposer deux clubs de deux régions différentes. La bonne blague.  A ce rythme, on peut coller cette étiquette à un PSG-Auxerre ou à un Rennes-Bordeaux (et oui, Nantes-Bordeaux en serait un paraît-il).  Je ne vais pas chercher les explications de cette exception française.  Pour aller vite, le football en France s'est constitué selon la règle suivante : «une ville, un club». Et  l'absence de  «vrai» derby  risque de durer encore un petit moment puisqu'aucune ville ne dispose de deux clubs professionnels aujourd'hui.


Si on arrête de mégoter cinq minutes, Lyon - Saint-Etienne reste ce qui se rapproche le plus d'un derby. L'éternelle opposition entre Sainté  l'ouvrière et Lyon la bourgeoise, Hervé Revelli moulé dans un maillot Manufrance contre les coups-francs de Juninho,  ça marche toujours. Quand je pense à Lyon-Saint-Etienne, je vois tout de suite Jérémie Janot se pointer avec un maillot rayés noirs et rouges après une élimination lyonnaise face au Milan AC, des banderoles pas fines dont on a honte de rire, un public un peu pourri gâté contre un autre qui doit s'abonner au site de l'INA pour voir son équipe soulever un trophée.

 

Entre deux pipes (à fumer) Roger Rocher disait que «Lyon serait toujours la banlieue de Saint-Etienne en football».  Si le palmarès de l'OL depuis dix ans tord le cou à cette prophétie, j'ai comme l'impression que les Verts gardent le monopole du cœur comme le dirait un ancien chef de l'Etat.  L'idée de voir Payet et ses copains enfoncer le voisin un peu plus dans la crise, me plaît bien. Pour avoir vécus et survécus aux années de Ligue 2, à ses dirigeants,  à cette affaire de faux-passeports et à quelques-unes des plus grandes impostures croisées sur les pelouses françaises, les supporters stéphanois méritent bien ce petit plaisir sournois.

Le derby selon Jérémie Janot, gardien, amateur de k-1 et sociologue aussi un peu:

 

La Coupe de la Ligue tu l'aimes ou tu la supprimes 20/09/2010 1

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Le Coupe de la Ligue revient et quand la Coupe de la Ligue revient on sait que l'été touche à sa fin, que les jupes des filles rallongent et que les feuilles mortes vont se ramasser à la pelle. Créée en 1994, la malaimée du foot français tente d'écrire son histoire entre décrochages régionales sur France 3, équipes exemptées de premier tour et les biscottes de Xavier Gravelaine. Beaucoup rêvent de l'euthanasier pour aérer le calendrier, pourtant en cherchant bien on finit toujours par trouver des raisons - dix même - de défendre cette «magnifique compétition» comme le dirait Frédéric Thiriez un soir d'automne au Stade Léon-Bollée au micro du sémillant Daniel Lauclair.

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22:43 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (1)

Comment j'ai adopté Monfils 19/09/2010 0

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La France est en finale de la Coupe Davis et peut dire merci à Gaël Monfils. Trois points en trois matchs, la Monf' a tordu sur son passage des gars comme Kohlschreiber, Ferrer et Nalbandian. Merci et respect.  Mais il faut avouer, Gaël Monfils me tapait un peu sur les nerfs à ses débuts. Trop de show,  du physique plus que de la technique, un revers qui pique les yeux et le souvenir de cette branlée contre Canas pour son premier Roland-Garros après une arrivée sur le court digne d'un boxer sur le retour à Las Vegas.  Autant d'éléments pour crier à la hype sans lendemain. Et puis, j'ai toujours eu un faible pour Richard Gasquet. Une histoire d'accent et de revers sans doute.


Cinq ans plus tard, je dois réviser mon jugement. Monfils gagne à être connu et supporté. Derrière le déconneur qui roule des mécaniques se cache un personnage attachant, un type qui doute et ne cherche pas à passer pour un de ces robots qui arpentent le circuit ATP.  Bien sûr, le joueur hésite  parfois entre le grandiose et le n'importe quoi, mais au moins il ne laisse pas indifférent. Et en sport, il n'y a rien de pire que l'indifférence. Gaël Monfils pourrait d'ailleurs reprendre à son compte cette phrase tirée de la passionnante autobiographie de Laurent Fignon: «Le cyclisme est un art vivant, les cycliste qui  l'oublient sont déjà en léthargie». Et la léthargie c'est quand-même très chiant à regarder.

11:06 Publié dans Tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tennis, gael monfils

Le festival d'Arles-Avignon c'est pas du off 18/09/2010 0

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Marcel Salerno a réussi un sacré tour de force il faut reconnaître.  Ces derniers jours,  Arles-Avignon a mangé médiatiquement le voisin marseillais (qu'il reçoit samedi) et tout cela sans l'aide des scénaristes de «Plus belle la vie». Cette performance, le promu la doit surtout à son président. Arrivé à la tête du club en juin dernier, Salerno a commencé par mettre à la porte Michel Estevan pour mieux le reprendre par la suite. Estevan au passage, c'est juste l'entraîneur qui a hissé le club de la CFA2 à la Ligue 1 en cinq ans. Un détail. Rudi Garcia a connu la même mésaventure la saison dernière, mais l'ACA n'est pas le Losc et Salerno a fini par avoir ce qu'il désirait depuis le départ: le scalpe d'Estevan. Si on ajoute la démission de l'adjoint Robert Duverne (pas son été décidément l'ami Robert), ces cinq défaites en cinq matchs, ces 18 recrues qui s'entassent et doivent se parler en Esperanto, on a comme l'impression d'assister à un suicide en direct avec accent et cigales.

>> Retrouvez ma très mauvaise imitation de Michel Estevan dans le dernier Friday Sport


Mais faut-il être étonné? On parle quand-même d'un club qui a grandi trop vite, d'un club né de l'union improbable de deux villes séparées de 80 kilomètres, d'un club qui devait tout à son entraîneur. Michel Estevan a peut-être ses défauts et ses torts dans l'affaire (je pense à la mise à l'écart de Benjamin Psaume l'un des principaux artisans de la montée en L1), mais il faut reconnaître une chose : Arles puis Arles-Avignon c'était lui. Maintenant, Marcel Salerno dispose enfin d'un club de Ligue 1 pour lui tout seul. Qu'il en profite, car ça risque ne pas durer au-delà de cette saison. Après, rien ne l'empêche de toujours s'amuser à recruter à tour de bras à partir de la base de données de Football Manager 2004 en Ligue 2.

«Lève la tête André-Pierre» 13/09/2010 4

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En tant que supporter toulousain (il paraît que ça existe, un blog passé témoigne même de ma déviance), j'ai pratiqué le André-Pierre Gignac pendant trois saisons avec assiduité. Passé le temps de me faire à l'idée de le voir boudiner dans un autre maillot que celui du TFC,  j'ai retrouvé dimanche contre Monaco mon «Dédé»: spontané, généreux et parfois perso sur les bords. De son splendide isolement à la pointe de l'attaque toulousaine (splendide, enfin surtout la deuxième saison) Gignac a gardé cette sa fâcheuse habitude de penser que toute passe est proscrite à moins de 30 mètres des cages adverses. D'accord, il y a cette remise en pivot pour Valbuena qui amène le CSC d'Adriano, mais sinon j'ai encore vu un garçon déterminé et spontané mais qui a tendance à rentrer sur le terrain avec la vision périphérique d'André Bocelli. Parfois, mes tympans résonnent encore des cris de Machado, Sissoko ou Braaten démarqués au second poteau lui réclamant en vain le ballon.


Prendre sa chance, c'est bien, c'est ce qu'on attend d'un attaquant. Mais on ne peut pas non plus dégainer dans toutes les positions. A la sortie de ce match nul (2-2), Gignac a eu la lucidité de reconnaître cet excès d'individualisme: «J'aurais pu faire de meilleurs choix. Je pense qu'il y a quelques situations de frappe où je peux mieux la jouer, où je peux lever la tête, mais bon c'est ça les attaquants, il y a une part d'égoïsme chez nous.» Le problème, c'est ce que l'on le pardonne à Toulouse risque de ne pas passer très longtemps à Marseille. Enfant du pays ou pas. Gignac a intérêt de très vite débloquer le compteur. Et la meilleure façon d'y arriver, c'est peut-être d'y penser un peu moins souvent.

PS: René Girard qui sort «il y a un contrat sur sa tête» de la part des arbitres, ça m'a bien fait rire. Enfin, j'ai préféré en rire.

Et si la France ne faisait pas l’impasse sur l’Euro 2012? 08/09/2010 0

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Il fallait bien que cela arrive un jour ou l'autre: l'équipe de France a gagné un match. Si, si, les Bleus ont battu la Bosnie 2-0. Vous savez, cette Bosnie qu'on annonçait comme le Brésil des Balkans avec son artilleur de service, Vedad Ibesevic, aussi en vue hier que sur le banc du PSG à l'époque où il y traînait. La France a gagné un match, la nouvelle à de quoi vous décontenancer un Thierry Roland qui trouve que «Michel Platini fait un très bon président de l'Union Européenne». A entendre certains après la défaite face à la Biélorussie vendredi, les Bleus n'avaient déjà pourtant plus qu'à faire une croix sur l'Euro 2012 et à se mettre au portugais en prévision de la Coupe du monde brésilienne en 2014.

Les déclinologues et autres Nicolas Baverez du football hexagonal ont peut-être juste sous-estimé la faiblesse confondante de l'adversité dans ce groupe D. Plus que par la prestation solide des Bleus enfin revenus à un niveau décent, j'ai surtout été frappé - et limite déçu - par la faiblesse de la Bosnie. Si l'équipe de Safet Susic est censée être la principale menace pour la première place de ce groupe, une non-qualification tricolore tiendrait 1) de la faute professionnelle 2) du sabordage. On ne l'a peut-être pas assez souligné, mais la France a eu de la veine au tirage. Malgré sa victoire au Stade de France, la Biélorussie ne risque pas d'aller bien loin et la Roumanie paraît aussi fringante que les amortisseurs d'une Smica 1000 (la preuve avec ses deux matchs nuls contre l'Albanie et la Biélorussie). Définitivement, la France doit se qualifier.

Sagna? Pourquoi Sagna?

Sinon, pour le football champagne rêvé au moment de l'arrivée du «Président», il faudra peut-être repasser. Pour l'instant. A Sarajevo, Blanc a ressorti les cahiers Clairefontaine laissés par Aimé Jacquet en musclant son milieu de terrain. J'ai peut-être une autre conception du football qu'un trident Diarra-Mvila-Diaby mais il faut reconnaître que les Bosniens ou Bosniaques (c'est comme vous voulez) n'ont pas vu le jour dans ce secteur de jeu. Une solution temporaire sans doute, mais je vais vous dire une chose : un sélectionneur qui ne reste pas figé sur un schéma et sait faire avec les forces et les faiblesses de l'opposition, ça vous change la vie.

Par contre, on a le droit de se demander de quel droit Bacary Sagna dispose d'un CDI en sélection. Je sais que je suis un dangereux utopiste, mais parfois je rêve de voir des centres  en équipe de France. Les Bleus ont bien gagné un match. Tout est permis donc.